Édito
  • 20 juin 2017
  • - Commentaires fermés sur Apprendre, c’est lacanien !, par Fabian Fajnwaks
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Et si apprendre était au fond… lacanien, comme nous le disait joyeusement Christiane Alberti ?! Si au-delà de nous conduire à cerner les signifiants primordiaux qui commandent notre existence, une analyse nous permettait de nous sortir de la répétition et de « faire mieux » une prochaine fois, celle qui suit au constat qu’une fois de plus, nous avons encore fait pareil… ? Ce « faire mieux »[1], que Lacan indique dans le Séminaire sur Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, ne convoque-t-il pas le principe de l’invention, du bricolage, contre l’inertie de la pulsion ?

Si ce n’est pas le but d’une analyse, elle peut néanmoins, de surcroit, impliquer une expérience d’apprentissage qui mobilise le noyau central de l’être du sujet, le renoncement à une part de jouissance, seul acte qui peut emmener quelqu’un non seulement à faire mieux, en ratant mieux, comme le disait le génial Beckett – « Fail better. Fail again. » – mais à accéder à de véritables apprentissages.

Une psychanalyse pourrait éclairer, à partir de ce qu’elle apprend de l’expérience du parlêtre, ce qui mobilise dans le fond le fait d’apprendre, ce qui se fait parfois au prix d’un certain dressage : nous en saurons plus en lisant les articles passionnants de ce numéro de Malappris !

[1] Lacan J., Le Séminaire, livre II, Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, Paris, Seuil, 1978, p. 109.