Le billet des J47
  • 12 octobre 2017
  • - Commentaires fermés sur Dans l’analyse, apprendre c’est de surcroît, par Fabian Fajnwaks
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Voulez-vous savoir ce que vous entendrez pendant les Journées d’automne de l’École de la Cause freudienne ?

La journée du samedi 25 novembre sera consacrée aux travaux dans les salles simultanées : des praticiens chevronnés et moins expérimentés, de jeunes analystes aussi, rendront compte de comment le discours analytique arrive à subvertir les injonctions à l’apprentissage et les idéaux normatifs, pour ainsi trouer l’Autre du savoir. Cela permet à des êtres parlants s’aventurant dans l’expérience de la cure, de trouver une énonciation propre et de renoncer à des mandats surmoïques qui les vouaient à la répétition, pour en dégager des signifiants primordiaux qui commandaient cet automaton, et faire ainsi émerger des bouts de réel présents dans la position fantasmatique, recouverte jusqu’alors par le voile de l’imaginaire qui éblouissait parfois le sujet.

Des cas qui nous enseignent que nul apprentissage n’est possible sans une perte de jouissance, et cette leçon majeure de l’analyse est vérifiable non seulement dans l’expérience de la cure, mais dans d’autres domaines comme celui de l’école. Il y aura donc des cas d’analyse d’enfants, en institution ou dans la pratique en cabinet. Mais il y aura surtout beaucoup de cas d’adultes où l’acquisition d’un savoir sur ce qui se trouvait au noyau de leurs symptômes conduit à un apprentissage sur l’usage de ce noyau de jouissance. « Le sujet résulte de ce qu’il doive être appris, ce savoir, et même mis à prix, c’est à dire que c’est son coût qui l’évalue, non pas comme d’échange, mais comme d’usage »[1]. Ce coût que Lacan nommait beau, « beau-coût », car ce savoir vaut juste autant qu’il coûte du fait qu’il faille y renoncer pour acquérir un savoir sur lui.

La journée du dimanche 26, nous assisterons à une formidable démonstration, en acte, de ce que c’est qu’apprendre dans des disciplines artistiques avec des personnalités très reconnues dans leur domaine. Jusqu’où y a-t-il une certaine docilité – dressage – sollicitée chez l’apprenti danseur ou musicien et à partir d’où est-ce son désir en tant qu’artiste qui est suscité dans la création ? Dans le domaine scientifique, nous aurons la chance d’entendre des spécialistes à la pointe de ce que le numérique modifie dans la marche vers l’apprentissage généralisé dans tous les domaines de nos vies. En un éclair, les analystes de l’École nous parleront de ce que leur analyse leur a appris, de la lumière que la passe permet de jeter sur l’analyse et ses parts d’ombre, car la passe est autre chose « qu’apprendre à pousser les boutons qu’il faut pour que ça s’ouvre dans l’inconscient »[2].

Serez-vous à ce moment unique de la vie de l’École ?

 

[1] Lacan J., Le Séminaire, livre XX, Encore, Texte établi par Jacques-Alain Miller, Paris, Seuil, 1975, p. 89.

[2] Lacan J., « Intervention sur la passe au congrès de La grande Motte » (juin 1975), Lettres de l’École Freudienne, n°15, p. 185.