Le billet des J47
  • 23 novembre 2017
  • - Commentaires fermés sur Sous l’égide de Rabelais, par Virginie Leblanc
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Ça y est.

Nous y sommes presque, enfin.

Durant ces presque neuf mois de préparation, Malappris, sous la férule légère et aussi enlevée que stylée de Philippe Hellebois et toute son équipe, nous a accompagnés pour que se déploie notre thème dans toute l’ampleur de son ancrage dans le siècle.

Si nous avons ouvert le bal avec la figure de Gribouille, notre mascotte, le clore avec Rabelais nous semblait une évidence : car samedi et dimanche, la fête commencera. Ce ne sera pas un carnaval, même si la puissance subversive de la psychanalyse lacanienne contribue à alléger les semblants et les dévoiler pour ce qu’ils sont, afin d’en faire un usage plus léger. Nulle mascarade non plus, bien que le signifiant ait pour nous toutes ses lettres de noblesse à travers son acception féminine, ni imposture, ni fausse séduction mais capacité à faire avec le jeu phallique.

Mais le triomphe d’un gai savoir, le déploiement durant deux jours de notre orientation et la manière dont elle est remaniée par la rencontre avec nos patients, nos étudiants, les artistes engagés dans la cité : oui ! Joie des retrouvailles entre collègues, de l’exposition des textes cliniques et de la confrontation des idées au-delà de toute doctrine, puissance de frappe de notre éthique quant à l’apprentissage à une époque où les conseils de Gargantua à son fils, « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » semblent chaque jour davantage d’actualité. Vivacité pour finir de la communauté analytique qui s’enseigne de l’allègement dont témoignent les analystes de l’École, dans le trajet de la jouissance au désir.

Et puisque nous avons plaisir aussi à mettre nos pas travailleurs dans ceux des éminents lettrés, dont Lacan était, et de leur amour de l’étude et des livres jamais saints mais nobles convoyeurs de la pulsion de vie, n’oubliez pas également de passer à la librairie des Journées : vous pourrez y découvrir de nouvelles parutions, vous faire dédicacer les derniers ouvrages parus chez Navarin et profiter même de promotions exceptionnelles. Parmi les pépites, ce précieux opuscule, le dernier numéro de la revue Accès, « La psychanalyse à la lumière du gai savoir », qui se fait l’écho du colloque organisé en septembre 2016 par Laure et Pierre Naveau en leur belle cité rabelaisienne, et qui entraînent à leur suite François Regnault, Pierre-Gilles Guéguen, Sophie Marret-Maleval et Guy Briole.

Mais brisons-là, pour deux petits jours seulement jusqu’à samedi, avec notre Malappris de Gargantua qui émerveilla son père en inventant le fameux torchecul, et qui arracha ces mots sous l’égide desquels il nous plaît pour finir de placer ces Journées : « que tu es plein de bon sens, mon petit bonhomme ; un de ces jours je te ferai passer docteur en gai savoir »[1]

 

[1] Rabelais, Gargantua, chap. 13, « Comment Grandgousier reconnut à l’invention d’un torche-cul la merveilleuse intelligence de Gargantua. »